MALONGO, QUAND DÉVELOPPER DURABLEMENT DEVIENT UN LEVIER DE PERFORMANCE

Avec Jean-Pierre BLANC, Directeur Général de MALONGO, nous vous proposons de plonger dans
un univers olfactif et gustatif : celui du café. Un monde à part, fait de destinations lointaines
et exotiques, un concentré de saveurs… et de technologie, un métier passion. Et aussi une
entreprise unique, pionnière du commerce équitable, innovante à tous les étages. Portrait.

> La chaîne de valeur du café

Avant cet entretien avec Jean-Pierre BLANC, je faisais difficilement la différence entre le “jus de chaussette” de la cafétéria d’entreprise, un expresso au zinc de mon bistrot favori, et le bol de chicorée de ma grand-mère. Je n’avais pas non plus la moindre idée de la façon dont on produit un grain de café, ni même idée de toute la technologie qui se cache derrière les doses que l’on consomme chaque jour. À vrai dire, je ne pensais pas que cela pourrait m’intéresser. Cette rencontre avec un spécialiste aura donc été une révélation.
«Réussir un bon café est le résultat d’un équilibre fragile et complexe. Du choix du producteur, à la machine à café, en passant par le mode de transport, et la torréfaction, il y a de nombreuses raisons d’échouer. Tout l’enjeu est de bien maîtriser la chaîne de valeur du café», explique J-P BLANC. MALONGO s’implique très en amont auprès des producteurs, afin de s’assurer que toutes les étapes de production sont bien respectées. «Nous choisissons les producteurs en fonction de leur capacité à respecter un cahier des charges très strict, chaque grain de café fait l’objet d’une traçabilité sans faille. De plus, nous avons fait le choix de proposer du café sans eau, là où la loi en autorise 5%, ce afin d’augmenter la qualité du produit», détaille le DG entre deux tasses. Et MALONGO s’implique aussi très en aval du processus, en développant ses propres machines et capsules. «C’est en 1997 que nous avons déposé le brevet de notre capsule. La conception de la machine est assurée par nos ingénieurs, c’est la combinaison de nombreux paramètres très techniques qui nous permet d’assurer un café toujours constant».
Et visiblement le public apprécie : chaque année, MALONGO vend 200 millions de doses en grande surface, qui ne peuvent être utilisées qu’avec la machine 1-2-3 SPRESSO. Le torréfacteur haut de gamme a donc trouvé son public. Même si le volume des ventes peut paraître symbolique à côté du concurrent NESPRESSO, et ses 2 milliards de doses. C’est que MALONGO est aussi présent dans d’autres canaux de distribution (hôtellerierestauration, bureaux, internet, 15 boutiques en France et 1 au Maroc), qui représentent 60% des 82 millions d’euros de chiffre d’affaires du groupe.

> MALONGO, Pionnier du commerce équitable

MALONGO, torréfacteur niçois haut de gamme créé en 1934, est donc devenu une grosse PME de 400 personnes, classée au “Patrimoine Vivant”, dont le capital est toujours détenu par la même famille depuis 4 générations.
Les salariés sont très attachés à l’entreprise, qui véhicule une image d’exigence et de qualité, et qui place l’humain au centre de ses préoccupations. Ainsi le groupe a-t-il été un des principaux pionniers du commerce équitable, dès 1992.
«À cette date, nous avons décidé de garantir à nos producteurs un cours minimum, quel que soit le cours mondial du café. Notre objectif était de créer une régulation internationale, qui épargnerait les populations fragiles, et qui aiderait à fixer les jeunes dans des régions trop souvent désertifiées par l’exode rural», précise J-P BLANC.

> Revitaliser l’agriculture biologique

«Et nous souhaitons également revitaliser l’agriculture biologique, en démontrant qu’il est possible de faire des rendements sans engrais». Le DG entend prouver que toutes ces exigences de qualité, de respect des populations locales, et d’écologie ne sont pas incompatibles avec une croissance à 2 chiffres. Ni d’ailleurs avec une stratégie de développement ambitieuse, sans complexe par rapport aux concurrents.
«Nous devons conserver 10 ans d’avance sur les autres acteurs du secteur. 10 ans d’avance technologique, et nos ingénieurs y travaillent, ils développent actuellement de nouvelles machines encore plus performantes. Mais aussi 10 ans d’avance sur la qualité des produits, en renforçant notre stratégie de commerce équitable auprès des producteurs».
Quelle est la stratégie de MALONGO en période de crise ?
«Conserver nos salariés, maintenir l’effort de recherche, communiquer, et… investir…» nous confie le DG un sourire énigmatique en coin, en évoquant une opportunité – encore confidentielle – de croissance externe. Oui décidément, le café, ça m’intéresse ! Merci Monsieur BLANC.

> INNOVER DANS LE CAFÉ, C’EST POSSIBLE !

A ma grande surprise, j’ai découvert que l’univers du café était hautement technologique !
Ainsi les doses MALONGO sont-elles brevetées depuis 1997, et Malongo s’est vu attribuer en Février 2009 le prix “Janus de l’Industrie” pour la conception de sa dernière machine grand public Oh Expresso.
Dernière nouveauté, MALONGO propose un décaféiné à l’eau… Classiquement, retirer la caféine du café requiert la mise en oeuvre de procédés chimiques. Pour pallier cet inconvénient, les ingénieurs de MALONGO ont développé un procédé pour décaféiner le café à l’aide d’eau uniquement, donc 100% naturel. Pas bête, encore fallait-il avoir la volonté de le faire.
Quand je vous dis que le café est un produit hi-tech, vous pouvez me croire désormais !
> 2 EXEMPLES D’ACTIONS CONCRÈTES AUTOUR DES PLANTATIONS

> Du wifi en Haïti
MALONGO a développé, en collaboration avec l’université de Nice, Alcatel Lucent (pour l’émetteur), et Comcell (opérateur local), un programme de déploiement de la technologie wifi au sein des plantations MALONGO en Haïti. Les objectifs de ces investissements sont multiples. Il s’agit d’abord de fixer les jeunes, en leur offrant des perspectives au sein de leurs villages d’origines. La technologie permet également d’assurer plus efficacement la traçabilité du café produit sur ces plantations. De plus, le projet permet d’équiper les écoles en wifi haut débit, offrant ainsi de nouvelles perspectives d’enseignement. Enfin, les déploiements s’accompagnent de formations en informatique dispensées aux populations locales, qui peuvent ainsi bénéficier de formations à distance. “Il s’agit d’un véritable désenclavement pour ces zones souvent isolées. Ces populations sortent du sous-développement par la technologie” s’enthousiasme J-P BLANC, qui précise qu’il travaille actuellement à l’étendue du dispositif à l’Afrique.

> Eco-tourisme au Mexique
MALONGO s’est aussi largement impliqué dans un programme d’éco-tourisme au Mexique. L’idée est de proposer à de petits groupes de touristes (10 personnes maximum) de s’immerger quelques jours au sein d’un village d’exploitants agricoles. Les habitants du village se répartissent les tâches de prise en charge des touristes, et bénéficient ainsi d’un revenu complémentaire. Les touristes, eux, profitent de la vie au village, et appréhendent la réalité de la vie de l’exploitation, et la viabilité de l’agriculture biologique.

Portrait réalisé par Éric Gourdoux pour COOLTURE – Crédits photos © MALONGO 2009.

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