YANN ARTHUS-BERTRAND, photographe responsable !

Nourri d’un parcours exceptionnel et riche d’un regard unique sur la “Terre vue du ciel”, Yann Arthus-Bertrand nous fait part de son optimisme, de ses engagements et de sa très grande détermination à continuer de dire les choses au plus grand nombre.

COOLTURE : Yann Arthus-Bertrand, vous contribuez largement à la prise de conscience internationale de l’impact des activités humaines sur la planète. Quel est votre diagnostic sur l’évolution des mentalités ces dernières années ?
medium_19.jpgYann Arthus-Bertrand : Ce qui se passe est formidable. Regardez le succès du film d’Al Gore sur le changement climatique. La presse parlent des problèmes d’environnement sur un ton moins cynique que par le passé. Aujourd’hui je rencontre de plus en plus de gens convaincus. En France, le Grenelle de l’environnement a ouvert la discussion. Il faut encore que cela se traduise par des actes. C’est sans doute l’étape la plus difficile. Cela ne concerne pas seulement les individus, mais aussi les entreprises, les collectivités, les Etats…

> À titre individuel, quels sont les gestes que vous faites au quotidien pour réduire votre impact environnemental ?
YAB : Il y en a plein. Je roule en voiture hybride (Toyota Prius). Quand je le peux, je prends mon vélo ou les transports en commun. Je compense mes émissions de gaz à effet de serre liées à mon activité professionnelle mais aussi dans ma vie en dehors du travail. Je me pose sans cesse des questions sur ce que je consomme. J’ai la chance d’avoir un jardin et donc des fruits et des légumes frais. Je ne mange plus de thon rouge et très peu de viande. Je récupère l’eau de pluie du toit pour alimenter medium_1.jpgles toilettes… Je ne suis sans doute pas un très bon élève mais je fais des progrès.

> Au-delà de la REDUCTION de l’impact, vous soutenez Goodplanet.com et des projet comme Action Carbone qui proposent même de COMPENSER notre impact. Pouvez-vous nous en expliquer le mécanisme et nous donner des exemples concrets de réalisation (Cambodge, Chine, Chili) ?
YAB : La compensation volontaire est un moyen d’agir et de prendre conscience de ses émissions de CO2. Le calculateur en ligne permet de mesurer son empreinte carbone : trajets d’avion, usage de son véhicule personnel, logement… En décidant de compenser, on réalise un don qui aidera des populations à vivre mieux, avec des technologies nouvelles.
Actuellement Action Carbone soutient 10 projets en Afrique, Amérique du Sud et Asie, portés par des ONG. Ce sont des projets de compensation, c’est-à-dire qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre d’une quantité équivalente à celle que l’on a émise, de deux types différents. D’une part des projets « sobres » en carbone, qui permettent d’éviter des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit de promotion des énergies renouvelables ou d’efficacité énergétique.
Par exemple, Action Carbone finance un projet de diffusion de fours solaires en Bolivie, qui se substitue à l’usage de bois pour la cuisine. En 2007, plus de 1000 familles en ont bénéficié ! En Inde, nous travaillons avec une ONG sur un projet de construction de biodigesteurs. Ces machines valorisent les déchets organiques en biogaz pour l’énergie, et en compost pour les besoins agricoles. En même temps, ils permettent aux femmes et aux enfants des foyers qui en bénéficient d’éviter la corvée de bois quotidienne. C’est un vrai projet de développement durable.

> Les entreprises aussi semblent prendre conscience de la nécessité d’agir. Selon vous, est-ce une mode ou une réelle prise de conscience ?
medium_9.jpgYAB : On retrouve deux types de comportement : une attitude sincère et responsable, et une attitude qui repose sur les apparences. Que penser d’une entreprise qui, ayant le choix entre augmenter sa rentabilité et améliorer son impact sur l’environnement, choisit le profit à court terme ? La première n’a rien compris, la seconde s’inscrit dans une approche de développement durable. Je salue l’initiative des supermarchés Auchan de retirer de son rayon poissonnerie le thon rouge dont on sait qu’il est en voie de disparition. Si rien ne change, dans 10 ans, il n’y en aura plus. Sans doute que le chiffre d’affaires du rayon poissonnerie d’Auchan s’en ressentira au début mais sur la durée nous serons tous gagnants. C’est aux consommateurs également de faire le bon choix en n’achetant plus, pour prendre ce seul exemple, de thon rouge. Pour que cela soit efficace, nous devons être nombreux à agir de la même façon. Ainsi nous encourageons les entreprises qui vont le bon sens et qui font de véritables efforts. Je crois qu’à travers nos achats, en consommant moins ou mieux, nous avons encore plus de pouvoir qu’avec notre seul bulletin de vote.

> Qu’est-ce qui vous a motivé pour soutenir les Trophées du Tourisme Responsable organisés par Voyages-sncf.com ?
medium_10.jpgYAB : Il est difficile d’imaginer un monde où on ne peut plus voyager. Moi même, je me déplace très souvent pour des prises de vue, des tournages ou pour le plaisir. On peut encore voyager et profiter de la beauté de la planète et de la richesse de ses cultures mais à condition de le faire dans le plus grand respect de l’environnement et des populations. Si l’on ne veut pas que le tourisme s’arrête demain, il faut apprendre aujourd’hui le à voyager autrement, c’est nécessaire et c’est pour cela que j’ai voulu soutenir l’initiative des Trophées du Tourisme
Responsable de voyages-sncf.com qui mettent en avant ce nouveau mode de voyages.
> Dernière question, quel livre est sur votre table de chevet en ce moment ?
YAB : Le Plan B de Lester R. Brown.

sources : Hervé Giraud – Éric Gourdoux © Coolture 2008,

Pour en savoir plus : http://www.actioncarbone.org/

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