Un premier roman plein de pudeur

Sur le principe de la fugue musicale, « Cahier de L’Été indien » explore avec pudeur l’effroi, la lâcheté, mais aussi l’engagement et l’amour.
Spécialisé dans la chirurgie osseuse, Marc Siguier part notamment en Afrique sous l’égide de Médecins du monde pour des missions ponctuelles. Il partage aujourd’hui sa vie entre la région parisienne et la Bretagne, où se trouve son bateau. De ses expériences, il tire un premier roman où « les décors sont réels, mais les personnages fictifs ».

Roman de Marc Siguier
Editions JC Lattès

::L’histoire ::
« Il y a deux jours, j’avais annoncé à une mère que la gangrène de son enfant nécessiterait une amputation. J’avais articulé cette sentence tragique la gorge serrée. […] N’ayant pas prétexte à consoler, j’étais moi-même inconsolable. La cour ensoleillée me permettait de reprendre souffle, avant de replonger dans d’autres souffrances muettes. Entre chaque lit, il fallait se déchausser pour fouler, pieds nus, les nattes en paille tressée disposées çà et là, et qui marquaient le territoire des familles accompagnatrices. Ce minuscule cadastre des malheurs devait être respecté. »
Au rythme fuyant de L’Été indien, son voilier, Jacques remonte l’Atlantique : il vient d’apprendre la mort de son ami de toujours, Samuel, et rentre à Belle-Ile. Seul en mer, il se souvient. Comme Sam, Jacques est chirurgien pour Médecins du monde. En Érythrée autrefois, au Tchad maintenant, la guerre. Lorsqu’une anesthésiste française, Clara, les rejoint dans ce morceau délabré d’Afrique, un trio se forme sur les rives du Chari. Peu à peu, dans l’intimité de la souffrance et des longues heures d’opération, les fêlures des uns et des autres se font jour. Ils croyaient partir à la rencontre de l’autre et découvrent qu’on ne part jamais que pour se fuir.
sources : © JC Lattès 2012

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