Un récit haletant et captivant

Edna O’Brien est née en Irlande, dans le comté de Clare. Ses premiers romans, la trilogie des « Filles de la campagne », parus dans les années soixante, lui valurent un succès retentissant et provoquèrent le scandale pour leur contenu explicite quant à la sexualité féminine. Avec « Crépuscule irlandais », Edna O’Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l’amour maternel.

Roman de Edna O’Brien
Editions Sabine Wespieser

::L’histoire ::
« Dilly a été admise, enregistrée, radiographiée, tapotée et frappée, des coups de marteau sur la poitrine et entre les omoplates, un stéthoscope sur le cœur, et quand on lui a dit de respirer fort, elle s’est rendue ridicule en n’arrêtant pas de tousser ; différentes infirmières la conduisent ici ou là, à travers de longs couloirs, avec leurs odeurs de cire, d’orange et de Dettol. Elle a entrevu les pavillons – des gens avec des visiteurs, assis ; d’autres à moitié drogués, au sortir d’une opération – et elle a observé les diverses statues et images pieuses, notamment l’immense toile du Sacré cœur dans la salle du haut, avec le rouge carmin de ses robes si riches et opulentes, une figure solitaire dans un paysage désert. » À soixante-dix-sept ans, elle songe qu’elle n’est plus toute jeune, mais elle aimerait bien bénéficier encore de quelques années de sursis. Les questions dont on l’a assaillie à l’admission l’ont obligée à remuer le passé. Les nerfs en pelote, elle s’interroge : qui pourrait bien la tirer de là ? Sa fille Eleanora, sans nul doute, à qui elle s’empresse d’écrire. Quand cette dernière lui fait une visite éclair, elle oublie son journal intime. Dilly découvre à quel point leurs sensibilités s’accordent et se ressemblent. Si elle aborde une nouvelle fois les rapports mère-fille, la réalité de la vie irlandaise et la détermination à s’en affranchir, Edna O’Brien ne s’approche jamais d’une littérature autarcique qui s’épuiserait à se nourrir d’elle-même.
sources : © Sabine Wespieser Eds 2010

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