Un album de famille

Dans « La Seiche », Maryline Desbiolles se prêtait à la digression autour de la préparation d’un plat. Cette fois, c’est attablée que l’on retrouve l’écrivain, discourant sur le motif du repas, ses conventions, sa mythologie et sa capacité à incarner la position sociale de l’homme, son rapport aux autres.

Roman de Maryline Desbiolles
Editions Seuil

:: L’histoire ::
Il est temps de se mettre à table. Nous avons assez cuisiné, assez réglé les préparatifs, assez tourné autour du pot. Il est temps de lever notre verre et de boire ce léger vin blanc italien. Car c’est en Italie que nous avons appris à monter sur la table à la fin des banquets d’enfance, à y danser et chanter : la table est une scène. Et c’est en Italie que nous avons appris à regarder les tableaux, peut-être bien à regarder tout court, à comprendre dans quelle lumière il est permis de peindre à leur tour toutes les scènes auxquelles nous assistons, à inventer comment jouer sur tous les tableaux, festin, tête à tête, déjeuner de communion, sans jamais perdre de vue le repas ultime, le dîner, la cène que nous trahissons de toutes les manières.
: © Seuil 2010

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