Un récit inoubliable

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié notamment « Le Testament français » (prix Goncourt et Médicis), « La Musique d’une vie », » La femme qui attendait » et « L’Amour humain ». Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre, « Le Monde selon Gabriel ». Ses livres sont traduits en plus de quarante langues.

Roman de Andreï Makine
Editions Seuil

:: L’histoire ::
Avec ce livre, Makine poursuit la rédaction d’une somme dont le titre général serait « Éclats de l’empire défunt ». Ici, nous sommes transportés sur les ruines de Léningrad assiégé par les nazis, voués à la famine et aux bombardements. Ce Léningrad héroïque et meurtri est bien différent du Saint Pétersbourg frivole d’aujourd’hui où débarque, au début du roman, un Russe de 50 ans vivant à Paris, Choutov, écrivain sans succès, largué par sa petite amie et démoralisé par la déliquescence du paysage artistique actuel. Choutov espère vaguement retrouver à Pétersbourg un amour de jeunesse, Iana, mais là encore il tombera de haut : la romantique étudiante est devenue une businesswoman agressive, occupée à aménager un immense appartement où, survivant du passé, un vieux qu’on croit muet reste enfermé dans une pièce. Ce grand-père oublié, Volski, va apparaître comme le seul trésor digne d’estime pour Choutov. C’est lui qui prend alors la parole pour un récit inoubliable : les purges staliniennes qui ont suivi l’horreur nazie, mais aussi – et surtout – le magnifique amour qui liait Volski et Mila. Ce récit qui transfigure la mesquinerie des temps présents, Choutov ébloui l’écoutera jusqu’au bout.
Dans ce livre dense et puissant, Makine fait renaître le destin passionnant de sa patrie, loin des clichés qui accompagnent la douloureuse émergence de la «nouvelle Russie». Ses personnages expriment par leur engagement la justesse de la célèbre parole de Dostoïevski sur la beauté appelée à sauver lemonde.
sources : © Seuil 2009

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