Un roman déroutant sur la mort

Michel Jeury a été l’un des grands pionniers français de la science-fiction, signant une cinquantaine de romans, parmi lesquels Le « Temps incertain » (1973, prix du meilleur roman français de science-fiction l’année suivante), » Les Singes du temps » (1974), « Soleil chaud poisson des profondeurs » (1976), « La Fête du changement » (in Utopies, 1975). On lui doit aussi une centaine de nouvelles, des essais sur l’école et une quinzaine de romans dits « régionaux », dont une demi-douzaine ont été portés à l’écran. Il se décrit lui-même comme « un romancier du refus de la pensée dominante ».

Roman de Michel Jeury
Editions Robert Laffont

::L’histoire ::
En 1973, avec Le Temps incertain, Michel Jeury introduisait une trilogie, consacrée à la Chronolyse, une façon de voyager dans le temps et de modifier l’histoire qui fit grand bruit. May le monde n’a aucun rapport avec le Cycle chronolytique ni avec aucun ouvrage antérieur de Jeury. Mais nul doute qu’il surprendra autant que « Le Temps incertain » il y a déjà près de quarante ans. L’anecdote est à la fois simple et impossible à résumer. Au centre, une petite fille, May, qui est peut-être en train de mourir d’un cancer. Autour d’elle, des personnages peut-être chargés de la soigner, de l’accompagner, de l’égayer. Et d’autres encore qui semblent venir d’autres univers et qui traversent la scène presque sans y intervenir. Surtout la langue est étrange. Ce n’est pas tout à fait la nôtre. Car l’histoire de May se déroule dans un univers très différent du nôtre, même s’il lui ressemble beaucoup, parallèle si l’on veut, autorisé par la théorie des cordes, et où les personnages ont la faculté de passer d’un monde à l’autre, voire de créer des mondes, la faculté de changer… « May le monde » est peut-être le monde que la petite May mourante est en train de se créer pour y vivre (qui sait ?) à jamais.
sources : © Robert Laffont 2010

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