TRÈS CHER FRÈRE, intégrale

Zoom couverture

Un shôjo incontournable d’une mangaka hors normes.

Véritable roman graphique, ce manga fondateur est à la fois un classique que tout amateur de shôjo manga devrait lire, et un chef d’œuvre qui permet admirablement de découvrir ce genre lorsqu’on n’a jamais lu de manga destiné aux jeunes filles.

TRÈS CHER FRÈRE intégrale
Scénario et Dessin de Riyoko IKEDA
Editions Asuka 18€

À savoir :
Drame humain, sensible, passionné et élégant, TRès cher frère est l’un des chefs-d’œuvre de Riyoko IKEDA. C’est avec cette histoire à l’esthétisme léché, qu’est né le shôjo moderne et ses codes actuels..

Au Japon comme dans de nombreuses régions du monde, un violent désir de changement caractérise les années 70. Dans l’univers du manga, alors en pleine expansion, ce mouvement libertaire se traduit par la création du Groupe de l’an 24, un collectifs d’auteures désireuses de raconter des histoires à destination des jeunes filles en adaptant la manga à la sensibilité de leur lectorat. Parmi elles, 2 auteures en particulier vont créer le shöjo manga moderne et en définir tous les codes : Moto HAGIO et Riyoko IKEDA.

Pour y parvenir elles vont écrire des histoires romanesques inspirées des grands classiques européens, de la Princesse de Clèves aux Hauts de Hurlevent, et reprendre à leur compte pour les mettre en images toutes les expérimentations de la génération TEZUKA.

À partir d’un style visuel qui rappelle le dessin de mode, elles construisent des planches à la mise en page éclatée, bien plus expressionniste et symboliste que réaliste. Les fleurs, les étoiles qui emplissent la page, semblent cliché aujourd’hui, mais à l’époque, ces représentations sont pionnières. Les décors disparaissent pour laisser la place à des représentations des émotions ressenties qui bordent à l’abstraction. À l’époque, l’impact de cette nouvelle forme narrative est si important, que presque 40 ans plus tard, elle est devenue la norme. Mais aujourd’hui encore, alors que la recette semble éculée, Très cher frère reste un chef d’œuvre absolu, car Riyoko IKEDA n’est pas une mangaka comme les autres.

En 1975, quand paraît Très cher frère,  elle est au sommet de sa carrière et en pleine possession de ses moyens narratifs. Elle a connu le succès commercial avec les 10 volumes de La Rose de Versailles, et grâce à cela, dispose d’une grande liberté. Plutôt que de respecter le format sériel qui caractérise la production de mangas, elle choisit d’écrire un vrai roman graphique. Au lieu d’être divisée artificiellement en chapitres réguliers, la narration est ample et incroyablement fluide. De même, au lieu de respecter les poncifs du conte de fée et les modèles sexuels de la société japonaise, Ikeda met en scène un monde d’âmes torturées, d’amours ambigües d’où transpire sa vision libertaire de l’existence. Tout comme elle avait opposé dans La Rose de Versailles la noirceur des intrigues de cour à la grandeur des idéaux révolutionnaires, elle représente ici une élite en pleine déliquescence, enfermée dans un univers “laid et froid” et glorifie les personnages qui, malgré leurs névroses, essaient de vivre libres et d’aimer en paix.
sources : © Editions Asuka 2009,

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