INTOUCHABLES : rencontre avec OMAR SY

“ J’ai été tout particulièrement frappé par l’amour avec lequel Philippe Pozzo di Borgo parlait d’Abdel, dont Driss est inspiré. Sa seule manière de prononcer son nom était en elle-même hyper touchante. ”

Omar SY

> Le scénario vous a-t-il tout de suite conquis ?
OMAR SY :“Eric et Olivier m’avaient parlé du documentaire sur Philippe Pozzo di Borgo et Abdel en m’expliquant qu’ils avaient envie d’en faire un film. J’ai tout de suite vu que ça pourrait faire un fi lm intéressant. La lecture de leur scénario a totalement confirmé ma première impression. Je suis vraiment client de leur écriture, bourrée d’humour, d’humanité et de vérité. Et avec ce sujet-là, leur style prend encore une dimension supplémentaire”.

> Comment avez-vous travaillé le rôle de Driss ?
“J’ai d’abord beaucoup discuté en amont avec les réalisateurs. Et puis il y a eu ce qu’ils ont baptisé le séminaire d’intégration : un voyage à Essaouira avec François Cluzet pour rencontrer Philippe Pozzo di Borgo. C’est là que le groupe s’est formé, soudé, que la rencontre s’est opérée. Ça a été le vrai démarrage du fi lm. C’était vraiment un moment incroyable. Le contact s’est d’ailleurs fait rapidement et un rapport simple s’est installé entre nous. On a donc découvert Philippe Pozzo, un homme hyper intelligent, plein de vie et d’humour avec un regard extrêmement puissant. J’ai été tout particulièrement frappé par l’amour avec lequel il parlait d’Abdel, dont Driss est inspiré. Sa seule manière de prononcer son nom était en elle-même hyper touchante. On sent d’emblée la relation très forte qui unit les deux. Et on est tous repartis de ce séjour avec une responsabilité et une pression, nourries par le respect qu’impose cet homme. Faire le plus beau fi lm possible était le seul moyen de respecter son histoire.”

> Comment avez-vous travaillé avec François Cluzet ?
“Il m’a tout de suite dit : « ce film, on le fait ensemble. C’est ce qui va se passer entre nous qui est important ». Je me suis senti porté par son regard et ses encouragements. On s’est nourri, on s’est porté l’un l’autre.”

> Les premières scènes du film montrent Driss dans son univers, celui de la banlieue, dont le cinéma a souvent du mal à rendre l’atmosphère sans la caricaturer. Comment les jugez-vous ?
“Ces scènes sont importantes pour savoir d’où vient Driss. Et je pense qu’elles le sont encore plus pour moi car je viens de là-bas. Donc je me sens responsable : si j’en parle, il faut que j’en parle bien. Je trouve que dans le cinéma français, on n’a jamais parlé de la banlieue avec autant de poésie et de finesse. Eric et Olivier n’appuient sur rien, ils racontent. C’est à la fois hyper neutre et hyper fort. Ils n’imposent jamais leur point de vue, ils traduisent en images ce qu’ils ont pu observer. Et je suis très fier d’avoir fait INTOUCHABLES aussi pour ça.””

> Il y a une scène particulièrement jouissive où vous dansez sur du Earth, Wind and Fire. Quel souvenir en gardez-vous ?
“On a en commun avec Eric et Olivier d’aimer la musique et la danse. Et cette scène est magnifi que car elle vient juste après que Philippe a tenté d’initier Driss à la musique classique. C’est donc un échange : Driss veut lui faire écouter et partager sa musique à lui, il n’a pas la même précision mais, chez lui, ça passe par le corps et la danse. En fait, Driss danse pour Philippe. Il fallait donc prendre un maximum de plaisir. Mais avec Earth, Wind and Fire, c’est pas très difficile !””

> Comment avez-vous réagi en découvrant le film ?
“Au bout de trois minutes – et c’est une première pour moi – je me suis laissé embarquer dans l’histoire. J’ai été envahi par l’émotion dans le regard de Philippe – François. J’ai mis du temps à redescendre…””

À redécouvrir dans COOLTURE N°25 – © 2011 GAUMONT – QUAD / Photo : Thierry VALLETOUX

 

 

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Coolture 2011
sources : Hervé GIRAUD © COOLTURE 2011

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